21/11/2011

Entretien avec le Président de la République

J'ai eu l'occasion, ce soir, de m'entretenir avec le Président de la République, Nicolas SARKOZY.

L'occasion m'a donc été donnée de plaider pour une redéfinition des programmes et des rythmes scolaires, en particulier au lycée.

J'ai également pu défendre la politique familiale, en demandant le maintien de leur indexation sur l'inflation et non la croissance. En contrepartie, j'ai proposé que les collectivités voient leurs concours réduit de 0.05%.

Enfin, la triste actualité de cette semaine, m'a amené à rappeler au Président, les conclusions de mon rapport sur le nécessaire partage d'information et coordination entre les services de l'Etat à propos de la justice des mineurs.

07/09/2011

Yvan LACHAUD: "Je souhaite que Nicolas SARKOZY aille au Congrès pour la règle d'Or"

Yvan LACHAUD était l'invité de Michel FIELD aujourd'hui à 18h30 sur LCI dans le cadre de l'émission "OUI/NON".

Interrogé sur la façon dont le débat sur la "règle d'Or" doit être mené, il a déclaré "souhaiter que Nicolas SARKOZY présente cette réforme devant le Parlement réuni en Congrès."

Il a également abordé des questions relatives à l'euro, à l'éducation nationale en cette période de rentrée, et sur le rôle que les centristes auront à jouer dans le cadre de la prochaine élection présidentielle.

 

REGARDEZ LA VIDEO ICI

06/01/2011

"Eduquons, ré-éduquons", le Journal parlementaire d'Yvan LACHAUD du mois de janvier 2011 est paru!

 

NB071119Z13.JPGDans la mission que vous m’avez confiée en m’élisant, j’ai fait de la visite sur le terrain une de mes priorités, parce que je sais que ma fonction élective sera d’autant plus efficace et plus juste que je vous aurai entendus.

Et ce que j’ai à entendre, dans mes permanences, dans les différentes manifestations, dans la rue, pourrait ne pas rassurer sur l’état de la France aujourd’hui.

« Je connais le mal de mon pays » disait Henri IV au Parlement de Paris au tout début de son oeuvre de restauration de la sécurité et de la prospérité du pays.

On n’aura donc rien dit lorsqu’on dira que ce mal ne date pas d’hier, et que l’Histoire se répète inexorablement, alternant crises et périodes plus fastes.

Au quotidien, nous ne pouvons que constater le délitement de ce qui rendait la vie des hommes plus facile en société :le délitement des valeurs, celles de la famille, celles du travail, celles encore qui permettaient, à ceux qui s’en donnaient les moyens, de vivre mieux que la génération précédente.

Je connais vos inquiétudes, vos mécontentements, vos découragements ;ce sont eux qui conduisent mon action.

Vous trouverez dans ce journal toutes mes interventions dans les domaines qui vous préoccupent : l’insécurité, la santé, l’éducation, les retraites, le handicap et d’autres encore.

Certes, les choses n’avancent pas toujours aussi vite que je le souhaiterais, et que vous le souhaiteriez. Mais, et vous me permettrez cette expression quelque peu familière, je continue de « remonter les manches » et veux croire qu’en conjuguant nos énergies, nos ambitions et nos espérances, nous finirons par voir arriver les jours meilleurs…

"Après une année difficile qui s'achève, à vos côtés, je veux garder confiance en l'avenir et présente à chacun d'entre vous mes voeux les meilleurs et les plus sincères pour 2011"

Yvan LACHAUD

Journal Parlementaire Yvan Lachaud Janvier 2011.pdf

01/12/2010

Rythmes scolaires: contribution d'Yvan LACHAUD à la mission d'information

Cette mission a, au cours de ses travaux, réfléchi aux moyens de donner à nos élèves les moyens de réussir dans le monde du XXIe siècle. C’est une bonne chose que la conférence nationale sur les rythmes scolaires ouvre le débat de manière dépassionnée sur l’ensemble des sujets qui s’y rapportent. Particularité française, nos élèves sont ceux qui ont le plus grand nombre d’heures de cours sur le plus petit nombre de semaines d’enseignement.

Plusieurs réformes ont été menées depuis une vingtaine d’années, sans réel succès. Ainsi, la semaine de quatre jours a été mise en place sans allégement des programmes et a considérablement alourdi le temps de concentration demandé chaque jour aux élèves pour les apprentissages fondamentaux (français, calcul, mathématiques). Cette réforme s’est faite aux dépens des activités culturelles, périscolaires, mais aussi des temps de détente et d'activités ludiques.

 Notre constat

Il est temps de mettre l’élève au centre de la réflexion sur les rythmes scolaires ; il est temps de chercher la solution la meilleure possible pour trouver un compromis entre le développement harmonieux des élèves, les pratiques scolaires et le rythme de vie.

Quel constat faisons-nous, et quelle analyse en conséquence ? Nous constatons que l'organisation actuelle des rythmes scolaires ne prend pas assez en compte le rythme des enfants, ni le rythme des familles qui travaillent. Ainsi, les enseignants constatent une fatigue des élèves le lundi et le vendredi ; les élèves ayant des besoins particuliers nécessitant une prise en charge spécifique pendant ou hors temps scolaires semblent manifester plus de signes de fatigue que les autres ; le temps scolaire a été rallongé pour les enfants en difficulté bénéficiant de l'aide personnalisée, mais cette aide ne semble pas toujours efficace quand elle est située sur le temps méridien ou après la classe. Enfin, les élèves sont contraints de suivre le rythme des familles qui travaillent, ce qui entraîne pour eux des journées très longues à l'école (accueil en garderie de 7h à 8h30, restauration le midi, accueil péri-scolaire le soir jusqu'à 19h parfois).

Nous constatons également que les élèves manifestent des vitesses de développement différentes. Si on recherche la réussite de tous les élèves, il faut se poser la question de la cadence à laquelle les élèves sont soumis. Un rythme trop unique est souvent proposé, avec des exigences calendaires identiques pour tous. Par ailleurs, on observe une grande différence entre la réalité des grandes villes et celle du monde rural.

Trouver un rythme qui favorise le bien-être de l'enfant, et donc de l'élève

Notre approche, au Nouveau Centre, repose sur un principe fondamental : trouver un rythme qui favorise le bien-être de l'enfant, et donc de l'élève. Cela implique, d'abord, d'avoir une vision différenciée de la pédagogie, mais aussi de revoir les programmes qui semblent encore aujourd'hui trop lourds. Cela implique également de prendre davantage en compte les cycles, qui ont été conçus pour tenir compte des diverses potentialités des élèves ; en effet, cette possibilité qu'offre le système éducatif n'a pas été totalement explorée. Cela impose enfin de s'interroger sur les effets produits en termes d'impact psychologique sur les élèves : notre système éducatif exerce une forte pression à la réussite, de nombreuses études montrant en effet que les écoliers français sont parmi les plus stressés.

Notre école semble encore trop élitiste. L'idée forte que nous souhaitons mettre sur la table est qu'il serait souhaitable de ne pas associer le temps d'apprentissage et de formation avec le temps de la sélection. Sachons donner à chacun la possibilité d'avancer à son rythme, comme le prévoit notamment la mise en oeuvre du livret personnel de compétences.

Nous préconisons, au Nouveau Centre, d’appliquer les principes de liberté et de souplesse dans l'aménagement du temps scolaire des élèves, afin de mettre sur la table l’organisation du temps scolaire, de la journée à l’école et, plus généralement, l’organisation de la semaine à l’école, au collège et au lycée.

Pour nous, l’objectif le plus important de l’aménagement des rythmes scolaires ne se limite pas à trouver le moyen d’améliorer les performances de nos élèves. Certes, cela en constitue l’un des buts, mais pas le premier ni le plus essentiel. C’est un fait, l'école primaire stresse et fatigue les enfants sans pour autant leur donner un meilleur niveau que leurs camarades européens, les derniers résultats des enquêtes PISA le montrent. Les pays qui ont les meilleurs résultats, comme le Japon, la Finlande ou la Suède, ont beaucoup moins d'heures et elles sont plus dispersées.

Les emplois du temps surchargés du primaire mais aussi la déconnexion totale entre les temps scolaires et les rythmes de l'enfant sont responsables, au moins en partie, de l'échec, des phobies scolaires et du rejet de l'école par les enfants en difficulté. Il faut donc réorganiser l'année, la semaine mais aussi la journée. Il est tout de même étonnant de voir un tel consensus chez les professionnels et tant d'écart avec ce qui existe dans la réalité.

Nous rappelons que les experts ont montré, depuis plusieurs années, que l’aménagement des rythmes scolaires augmente le plaisir des enfants d’aller à l’école mais n’influe pas sur leurs performances scolaires, comme avait conclu en 1998 un rapport du Comité d’évaluation et de suivi des aménagements des rythmes de l’enfant (CESARE). Et augmenter le plaisir des enfants à l’école, l’envie d’école, constitue déjà en soi en objectif ambitieux.

Il faut laisser aux élèves le temps, le temps d’apprendre, de découvrir – de même qu’il faut leur laisser, à la maison, le temps de s’ennuyer, de rêver, au lieu de leur faire enchaîner les activités. Il faut laisser des temps morts, de respiration, de remise au repos, qui sont propices à l'apprentissage. Acceptons l'ennui, au lieu de céder à une exigence de performance à 100 %.

C’est dans cet esprit que nous préconisons la liberté et la souplesse, et un cadre adapté aux établissements, aux collectivités locales et aux associations.

 Remettre à plat l'organisation de la journée et de la semaine

Pour le Nouveau Centre, il faut avoir le courage de remettre à plat l’organisation de la journée, de la semaine, et même de l’année scolaire, mais aussi de faire primer l’intérêt des élèves sur les enjeux politiques, budgétaires et économiques.

Nous insistons sur la nécessité de prendre en compte, à côté des priorités liées à l'organisation de l'enseignement, celles liées à la journée de la famille : prendre davantage en compte les demandes sociales des familles (accueil, restauration, animation) ; de développer une approche qualitative de ces temps passés à l'école en articulant les temps de classe et les temps d'accueil et de garderie ; de prendre en compte les différents temps de l'enfant dans l'ensemble de sa journée, en particulier le temps du déjeuner.

Nous formulons en ce sens plusieurs propositions. D’abord, pour l'école élémentaire, revenir à une journée ne dépassant pas six heures d'activités en classe, y compris pour les élèves concernés par l'aide personnalisée. Ensuite, retarder le début des apprentissages scolaires à 9h ou 9h30, en consacrant la première heure du matin à des ateliers d'éveil, des jeux, du temps libre tout simplement, ou pour les plus grands à des révisions d'acquis. Cela permettrait aux enfants de se réveiller et de reprendre leurs repères (et, si nécessaire, de les sécuriser, en les coupant de leurs difficultés familiales, sociales, environnementales), mais aussi de démarrer les apprentissages en douceur, puisque le pic de vigilance chez les enfants autour de dix ans se situe dans la deuxième partie de la matinée.

C’est donc la fin de matinée et le milieu d'après-midi qu’il faut utiliser en priorité pour les nouveaux apprentissages, l’apport de notions nouvelles : de 9h30 à 12h et entre 14h30 et 16h30. C'est à ces horaires qu'il faut placer les enseignements qui demandent le plus de concentration.

Il faut également réfléchir à une nouvelle organisation de la semaine, pour l’adapter aux courbes de vigilance des enfants. Il est avéré qu’après un week-end de deux jours, trop long selon beaucoup de spécialistes, les élèves mettent du temps à se re-synchroniser, à se re-concentrer : le lundi doit donc être un jour de remise en route. De même, en fin de semaine, le vendredi après-midi, les enfants anticipent le week-end et leur concentration est réduite. Le milieu de semaine, notamment le jeudi et le vendredi matin, apparaissent donc comme les plus propices aux apprentissages.

Enfin, nous souhaitons développer un espace de discussion entre l'école, les parents, les associations et les communes pour réorganiser le temps suivant l'école, mais aussi le mercredi après-midi, voire le samedi, dans les familles où les parents travaillent.

Quant aux collégiens, des expérimentations ont déjà été mises en place, avec des cours le matin et du sport l’après-midi. Nous pensons qu’il serait également opportun de généraliser cette expérimentation à l’ensemble de la culture et à toutes les formes d’art. Un grand nombre d’établissements ont déjà mis en pratique le regroupement des cours jusqu’à treize heures pour libérer les élèves l’après-midi, ce qui leur permet de pratiquer du sport, des activités culturelles ou du théâtre, dans le cadre des associations, des conservatoires ou autres.

Ne sous-estimons pas l'incidence de cette nouvelle organisation des emplois du temps, réservant les matières fondamentales le matin, sur le temps de service des enseignants et sur l'éventuelle participation des familles et des collectivités territoriales.

Nous souhaitons également qu'une réflexion soit menée sur une nouvelle organisation du temps scolaire des lycéens. En effet, les lycéens aussi ont à subir un emploi du temps trop chargé. Avec le choix des options, certains lycéens comptent plus d'heures de cours qu'un salarié à 35 heures. On devrait donc réduire d'au moins une heure ou deux par semaine les enseignements généraux ou optionnels.

Nous voulons laisser à chaque collectivité et chaque école le soin de trouver des compromis pour s'organiser au mieux. Une concertation est nécessaire avec les acteurs de la communauté éducative pour permettre cette nouvelle organisation de la scolarisation des élèves, en prévoyant l'accueil des élèves bénéficiant d'un temps d'aide personnalisée, et en optimisant l'articulation sur les temps périscolaires entre ce que proposent l'école et les collectivités territoriales.

 Libération du temps et apprentissages culturels

Il est important que l’école ouvre les horizons culturels des élèves. Nous regrettons la disparition des activités de loisirs et de culture dans les emplois du temps. Le constat fait à de nombreuses reprises que les élèves français n'ont pas de bons résultats à la sortie des classes élémentaires dans les matières fondamentales (lire, écrire, compter), la réaction générale a été d’alourdir les horaires de ces matières, français et mathématiques, réduisant de ce fait les arts plastiques, les sciences expérimentales, les sciences de la vie, les temps de découverte ou de créativité. Il nous paraît important de leur accorder davantage de place dans le temps scolaire.

Il est clair que, sans accompagnement, la libération du temps n'est pas synonyme d'épanouissement pour les élèves. Au contraire, l'écart se creuse entre les enfants dont les parents peuvent leur proposer des activités extra-scolaires, et ceux qui sont inscrits au centre aéré ou restent assis devant la télé.

C’est, selon nous, le rôle aussi de l’école, qui ne se limite pas à apprendre aux élèves les connaissances fondamentales, le fameux « socle commun de connaissances et de compétences ». Evidemment, l'école ne réussira pas seule à combler tous les problèmes que la société ne sait pas résoudre par ailleurs. Pour autant, l’école doit avoir de hautes ambitions pour les élèves.

18/11/2010

Création d’établissements d’éducation, de discipline et de réinsertion

Alors que les nouveaux établissements de réinsertion scolaire ne semblent pas pouvoir apporter de solutions concrètes aux mineurs délinquants; Yvan Lachaud, député Nouveau Centre du Gard, a déposé aujourd’hui une proposition de loi créant des centres d’éducation, de discipline et de réinsertion.

D’après les chiffres publiés par le ministère de la Justice, près de 218 000 mineurs ont été mis en cause par la Police et la Gendarmerie en 2008, soit 17 % des personnes identifiées comme auteurs présumés d’infractions en 2008. La question de la délinquance des mineurs doit donc faire l’objet d’un traitement tout particulier.

Face à l’augmentation de la délinquance juvénile, la Protection Judiciaire de la Jeunesse ne dispose plus des moyens suffisants pour aider les jeunes exclus du système scolaire.

Yvan Lachaud propose, ainsi, une alternative au traditionnel placement en foyer ou à la prison afin de réaffirmer que l’éducation et la réinsertion doivent être la priorité et que l’emprisonnement des mineurs n’est pas une solution.

L’objet de cette proposition de loi est donc de trouver un mode d’éducation, de sanction et de réinsertion adapté aux élèves les plus difficiles, en permettant l’éducation, la formation professionnelle et la réinsertion des délinquants mineurs par le biais d’un encadrement rigoureux et d’une discipline d’une grande fermeté.

15/11/2010

Le premier budget de l'Etat n'est plus celui de l'éducation nationale, c'est celui du service de la dette...

A l’Assemblée Nationale, durant les discussions budgétaires, il était habituel de présenter le budget de l’Education nationale comme le premier budget de l’Etat. Et bien ce n’est plus vrai : le premier poste budgétaire de l’Etat, c’est aujourd’hui celui du service de la dette. Cela a une portée considérable : cela veut dire que nous consacrons davantage à régler nos dépenses courantes qu’à préparer l’avenir de nos enfants.

 Dans ces conditions, l’impératif de réduction des dépenses publiques, auquel la mission « enseignement scolaire », avec un budget de  60,5 milliards d'euros en hausse de 1,6 %, se conforme d’ailleurs, apparaît manifestement nécessaire et légitime.

 Je voudrais attirer votre attention, M. le Ministre, sur les sujets qui tiennent à cœur aux députés centristes.

 Premièrement, la connaissance fine des moyens et des besoins de l'éducation nationale pourrait être améliorée, notamment en ce qui concerne l'évolution des effectifs des élèves qui justifie chaque année la suppression ou la création d'emplois. Cette connaissance devrait être accompagnée d'une meilleure évaluation des mesures décidées et mises en œuvre. Ainsi, le pilotage par objectif doit être développé.

Quant aux effectifs, nous attirons votre attention sur le fait que les schémas d'emplois mis en œuvre ne doivent pas remettre en cause la capacité de l’école à remplir de manière satisfaisante ses fonctions. L’enjeu d’une gestion saine des finances publiques n’est pas d’adopter une simple logique comptable de suppressions de postes, mais de faire en sorte que les moyens affectés à l’Education nationale soient utilisés au mieux pour assurer la réussite des élèves. Centrer la politique scolaire exclusivement sur la diminution du nombre de fonctionnaires se traduirait, sur le terrain, par la fragilisation systématique des académies les plus en difficulté.

 Venons-en à l’école élémentaire. Son évolution est continue depuis quelques années : nouveaux programmes, nouvelle organisation horaire, nouvelles évaluations...

Mais la question de la gouvernance pédagogique dans l’intérêt des élèves demande d’expérimenter de nouvelles réponses. Ainsi souhaitons-nous que certaines recommandations du rapport présenté par mon collègue Frédéric Reiss soient mises en œuvre,  en écho avec la réflexion sur les rythmes scolaires ou en complément du plan de lutte contre l’illettrisme: Il met notamment l’accent sur l’impossibilité d’élaborer un modèle unique en raison des fortes spécificités territoriales. Je rappelle que la question des responsabilités et des charges des directeurs d’école n’a toujours pas été réglée, et qu’un bon nombre d’entre eux sont actuellement mobilisés.

 Vient ensuite le collège. Vous le savez, nous émettons depuis longtemps des réserves contre le collège unique, qui n’a pas empêché une école à plusieurs vitesses et la suppression de la carte scolaire n’a rien amélioré.

La volonté de réduire les inégalités sociales, louable dans son principe, a débouché sur un égalitarisme républicain poussé à l’extrême, niant toute différence entre les aptitudes des élèves. Mettre fin au collège unique permettrait aux parents de choisir l’enseignement le mieux adapté aux goûts et aux aptitudes de leurs enfants, au lieu d’un tronc commun niveleur entre 11 et 15 ans, mais aussi d’en finir avec les classes hétérogènes. Sur ce sujet, comme sur d’autres, nous vous invitons au courage !

 Nous saluons par ailleurs la poursuite de l'individualisation de la prise en charge des élèves. Il est important de porter attention à la réussite de chaque élève, en particulier par la multiplication des dispositifs d’aide personnalisée ou de remises à niveau propres à chaque situation.

Nous vous faisons cette proposition : revoir l'organisation d'ensemble en privilégiant l'autonomie et la responsabilité des établissements en la matière.

 Un mot évidemment sur les 9500 établissements d'enseignement privé sous contrat, qui scolarisent plus de 2 millions d’élèves et emploient près de 200 000 personnels. Dans ce budget, comme dans les précédents depuis la loi de finances de 1985, s'agissant des emplois, le principe de parité a été appliqué conformément aux usages et à la règle non écrite des « crédits limitatifs ». Ces crédits limitatifs, je le rappelle, ont été établis pour faire en sorte que "les établissements privés ne puissent se créer en dehors des schémas prévisionnels [...] de façon à éviter les doubles emplois et les gaspillages antérieurs".

Ils ont eu pour effet, évident, de brider l’expansion de l’enseignement privé, contre la volonté des familles qui sont toujours plus nombreuses à faire confiance aux établissements d’enseignement privé sous contrat.

 Au Nouveau Centre, nous pensons qu’il faut accompagner l’évolution des effectifs dans l’enseignement privé. Le rapport de 80/20 est aujourd’hui dépassé : eu égard à la mission de service public assumée par l’enseignement privé sous contrat, il faut revoir ce ratio, sans pour autant rallumer la guerre scolaire. 20 % des emplois retirés dans l’enseignement public sont retirés dans l’enseignement privé, sans tenir compte ni des besoins réels ni des effectifs ni du taux d’encadrement.

 Si cette mesure perdurait uniquement par souci d’économie budgétaire, on pourrait s’interroger quand on constate qu’un enseignant du privé coûte à l’Etat 2,5 fois moins en charges patronales qu’un fonctionnaire. Le rapporteur spécial l’avait souligné dans son rapport il y a déjà deux ans, et je pense qu’il est temps de reprendre cette réflexion.

 Autre sujet d’inquiétude majeur, l'enseignement technique agricole. Nous tenons à exprimer, avec la plus grande fermeté, notre opposition au transfert du programme budgétaire 143 de la mission « Enseignement scolaire » vers la mission « Agriculture, pêche, alimentation, forêt et affaires rurales ». La diminution des moyens en personnels et les fermetures de classe ne vont-elles pas remettre en cause la qualité de cet enseignement ?

Ce transfert, engagé sans aucune concertation avec les acteurs de l'enseignement agricole, risque de signer un recul inévitable du service éducatif rendu, sans même résoudre les problèmes de financement de l'enseignement agricole. Prenons garde à ne pas ignorer la législation spécifique qui fonde les missions de l’enseignement agricole et celle particulière également des relations contractuelles entre les établissements privés et l'Etat. Alors que ce transfert risque de conduire à une déstabilisation générale de l'enseignement agricole, la solution résidait au contraire, comme cela vous avait été proposé, M. le Ministre, lors de votre audition à l'Assemblée nationale en juin, dans un renforcement de la coordination entre les deux ministères.

Voici, M. le Ministre, les remarques essentielles que les députés centristes tenaient à vous présenter au sujet de ce budget. Je veux rappeler notre attachement à une politique ambitieuse qui permette d'assurer l'égalité des chances et la qualité des enseignements, d’aider les élèves méritants issus de familles modestes à poursuivre leurs études, et d'améliorer la vie des élèves et des enseignants ; à la conduite d’expérimentations adaptées aux situations diverses, afin de tenir compte des réalités sociales ou territoriales ; à la mise en valeur des initiatives des équipes enseignantes ; à la recherche de partenariats nouveaux, notamment entre État et collectivités.

29/06/2010

Enseignement agricole: Yvan Lachaud interroge Bruno Le Maire

Yvan LACHAUD a interrogé Bruno LE MAIRE, Ministre de l'Agriculture, cet après-midi à l'occasion de la séance de questions au gouvernement pour alerter le Premier Ministre sur la crise que traverse aujourd'hui ce secteur essentiel à l'avenir de notre agriculture.

 

Vous trouverez ci-dessous, le texte intégral de la question:

 

"Ma question, concernant l’enseignement agricole et à laquelle j’associe notre collègue François Rochebloine, très impliqué dans ce dossier, s’adresse au ministre de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche.

L’enseignement agricole connaît une crise importante dans notre pays. Agriculteurs, représentants professionnels du secteur agricole et agroalimentaire, enseignants, élèves, étudiants, salariés, apprentis, vivent une réelle inquiétude dans l’éventualité de restrictions budgétaires, de suppressions de postes qui pourraient mettre en difficulté de nombreux établissements.

Or force est de constater que l’enseignement agricole est une filière d’excellence en matière de formation et d’insertion professionnelle.

Dans ce secteur, de 70 à 90 % des élèves trouvent un emploi dans les quatre années qui suivent leur formation. Après leur BTS, 95 % des étudiants trouvent un emploi dans les six mois. Rares sont les formations qui peuvent se prévaloir de tels résultats.

Permettez-moi par conséquent, j’y insiste, de me faire l’écho de l’inquiétude des établissements dans la perspective de la prochaine rentrée, notre agriculture méritant un pilotage national.

Alors que nous avons entamé les discussions relatives au budget pour 2011, c’est le moment de réaffirmer la force de l’enseignement agricole dont les lois de 1984 rappelaient qu’il s’agissait de l’une des composantes essentielles du dispositif éducatif français.

Pouvons-nous compter sur votre détermination, monsieur le ministre de l’agriculture, pour réaffirmer la position de l’enseignement agricole dans notre pays ? (Applaudissements sur les bancs du groupe NC.)

Réponse de M. Bruno Le Maire, ministre de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche. Monsieur le député Lachaud, je vous réaffirme avec force tout l’attachement que le Gouvernement de François Fillon porte à l’enseignement agricole public ou privé. Vous l’avez rappelé : il s’agit d’un enseignement de grande qualité qui regroupe plus de 175 000 élèves. Il apporte souvent des solutions à des élèves en difficulté qui ne parviennent pas à trouver leur voie dans l’enseignement général et son taux de réussite atteint plus de 80 % en termes d’emploi. C’est un exemple pour l’ensemble de l’enseignement en France. (Applaudissements sur les bancs du groupe NC.)

Nous avons organisé, en octobre dernier, les assises de l’enseignement agricole public pour en redéfinir les missions et lui offrir de nouvelles perspectives. Nous avons tiré plusieurs conclusions des travaux conduits pendant trois mois sur l’ensemble du territoire : en matière de réorganisation régionale, il s’agit de permettre à chaque établissement de disposer du maximum de disciplines possibles ; il convient ensuite d’ouvrir l’enseignement agricole à l’ensemble des disciplines ; enfin, il faudrait réorienter les métiers de la croissance verte vers ceux du développement durable qui attirent de plus en plus de jeunes, métiers que le projet de loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche propose de développer.

Il ressort de ces assises que les liens entre l’enseignement agricole et la recherche doivent être renforcés – nous y travaillons avec Valérie Pécresse. C’est en effet au sein de l’enseignement agricole que nous préparons la recherche et donc l’avenir de l’agriculture française de demain. (Applaudissements sur les bancs du groupe NC.)"