11/09/2011
Nous devons défendre nos idées et nos valeurs centristes!
Intervention d'Yvan LACHAUD, Président du groupe Nouveau Centre à l'Assemblée nationale, dans le cadre des universités d'été de l'Alliance, dimanche 11 septembre 2011 - La Grande Motte.
"Mes chers amis,
C’est un grand plaisir pour moi de vous accueillir dans le Languedoc. Il est vrai que le Sud n’a pas une ancienne tradition de centrisme : historiquement, vous êtes ici dans le Midi rouge, socialiste ou communiste.
Mais les temps ont changé, et nous cheminons, efficacement, sûrement, pour ancrer l’Alliance avec toutes ses nuances, centriste, républicaine, radicale, écologique, libérale-sociale, dans la terre languedocienne et roussillonnaise jusqu’à la Provence et au Comté niçois.
Le 11 septembre fait partie de ces dates tellement marquantes qu’on se rappelle tous ce que l’on faisait, où l’on était, quand on a appris la tragique nouvelle : ç’a été le cas de l’assassinat de Kennedy, des premiers pas de l’homme sur la Lune, de la chute du mur de Berlin. Ou du 11 septembre 2001.
"Al-Qaida a perdu la guerre, grâce à la mobilisation coordonnée des puissances mondiales."Avec le recul, nous avons compris que le 11 septembre ne nous a pas fait entrer dans un monde dominé par le « choc des civilisations ». Certes, le terrorisme n’est jamais complètement vaincu, mais on peut considérer qu’Al-Qaida a perdu la guerre, grâce à la mobilisation coordonnée des puissances mondiales.
Le 11 septembre a constitué un révélateur et un accélérateur de l’Histoire, en particulier du fait de la mobilisation des Etats-Unis contre le terrorisme fondamentaliste et de leur intervention en Irak, au prix d’un lourd coût financier, moral et diplomatique.
Le message que j’en tire aujourd’hui, c’est que la vigilance doit être sans faille pour faire progresser, partout dans le monde, la démocratie, le respect des droits de l’homme et la paix – et l’Europe a en la matière une responsabilité particulière, j’y reviendrai tout à l’heure.
Dans mon combat politique, depuis des années, il y a deux convictions : d’abord, le centre a des valeurs et un message à porter, qui suffisent à justifier une candidature centriste à l’élection présidentielle, et le centre doit se rassembler pour être plus fort, car l’émiettement est cause d’impuissance.
Hervé, tu as su, en créant le Nouveau Centre, faire vivre depuis 2007 un centre indépendant, et nous y avons travaillé chaque jour, en faisant nôtre la devise « Je maintiendrai », la devise des princes d’Orange.
"Oui, la sensibilité centriste existe, les valeurs centristes existent : l’humanisme, l’attachement à la démocratie et au dialogue, le souci des plus faibles, la conviction que l’économie est au service du social, la construction européenne…"
Jean-Louis, tu as fait sortir le Parti radical de l’UMP pour renforcer la famille centriste. Tu as eu le courage de nous rejoindre dans cette aventure que nous menons depuis 2007. Et ta présence est une chance pour nous tous.
Jean-Marie, toi qui viens de plus loin encore – enfin, de Mulhouse, tu nous permets d’enrichir ce rassemblement avec ta sensibilité et d’élargir encore plus notre corpus d’idées.
Nous représentons un courant de pensée qui compte et ce courant, de quelque façon que ce soit, doit être présent dans le débat présidentiel.
Oui, la sensibilité centriste existe, les valeurs centristes existent : l’humanisme, l’attachement à la démocratie et au dialogue, le souci des plus faibles, la conviction que l’économie est au service du social, la construction européenne…
Oui, les idées centristes existent, nous les défendons sans cesse : réduire l’endettement public qui pèsera sur les générations futures ; mettre en tête de nos priorités l’école, vecteur de la promotion sociale et de l’égalité des chances ; favoriser une politique de croissance économique en misant sur les PME et réduire les charges qui pèsent sur le travail pour libérer l’emploi ; mettre en œuvre une solidarité active, au service des plus faibles ; donner les moyens d’une justice indépendante et efficace ; préserver les services publics et organiser un Etat efficace ; redonner un nouveau souffle à l’Europe…
"Nous avons besoin d’une majorité équilibrée sur ses deux jambes : cela nécessite la création d'un centre solide et rassemblé.L’important, c’est de savoir dans quel camp nous sommes. Nous le réaffirmons, nous sommes dans une majorité de droite et du centre."
Je rappelle que Nicolas Sarkozy nous a dit en 2007 : restez tels que vous êtes, nous avons besoin d’une majorité équilibrée sur ses deux jambes : cela nécessite la création d'un centre solide et rassemblé.
L’important, c’est de savoir dans quel camp nous sommes. Nous le réaffirmons, nous sommes dans une majorité de droite et du centre.
Et je le dis à nos camarades de l’UMP : quel que soit le chemin que nous prendrons, quelle que soit la vigueur du combat, nous nous devons d’être respectueux, de nos amis et de nos adversaires politiques.
L’élection présidentielle se déroulera dans plusieurs mois, et il faut que ces mois soient des mois utiles. La majorité présidentielle a pris des engagements clairs auprès des Français, et je sais que les parlementaires centristes resteront mobilisés jusqu’à la fin de la législature pour achever le programme qu’elle s’est fixé et répondre aux attentes des Français dans un contexte économique et social particulièrement difficile.
Les Français ne nous pardonneraient pas, et ils auraient raison, de délaisser les vrais problèmes — l’emploi et l’activité économique, le pouvoir d’achat, la réduction des déficits publics, la priorité à accorder à l’école, la sécurité…
Oui, la sécurité : cela peut vous surprendre qu’un centriste en parle, mais la sécurité c’est du thème social, c’est la protection des plus faibles d’entre nous, les plus jeunes et les personnes âgées. Et dans des régions telles que la nôtre, ce sujet doit être abordé ouvertement et nous devons trouver des solutions.
J’ai l’honneur, et le plaisir aussi, d’avoir été élu par mes camarades Président du groupe Nouveau Centre à l’Assemblée nationale. C’est une équipe riche de personnalités différentes, de parlementaires reconnus dans leur domaine d’expertise, humainement attachants.
Je veux vraiment les remercier de la confiance qu’ils m’ont témoignée et je m’engage à défendre les propositions que nous portons.
Mon rôle, c’est qu’après l’élection présidentielle ce groupe soit pérenne, que nous restions solidaires et unis quels que soient les chemins pris par chacun d’entre nous, pour pouvoir continuer à constituer un groupe et promouvoir nos idées.
"Combien de fois avons-nous réclamé d’harmoniser la fiscalité qui pèse sur les revenus du travail et sur les revenus du patrimoine, et de supprimer les niches fiscales et sociales dont l'utilité n'est plus avérée !"
Je veux vous parler de la règle d’or.
Dès cet été, nous avons appelé solennellement le Président de la République à convoquer le Congrès pour inscrire dans la Constitution une règle d'or de stabilité budgétaire.
Un exemple nous vient de l’Espagne, où la droite et la gauche se sont rassemblées pour faire voter ce principe. J’appelle les socialistes français à faire preuve du même esprit de la responsabilité venant des générations futures.
Je rappelle que, dès le début de cette législature, les parlementaires du Nouveau Centre n’ont cessé de demander l'inscription de cette règle d'or dans la Constitution, et déposé — dès janvier 2008, bien avant la crise financière ! — une proposition de loi constitutionnelle relative au « retour à l'équilibre de nos finances publiques ». Combien de fois avons-nous réclamé d’harmoniser la fiscalité qui pèse sur les revenus du travail et sur les revenus du patrimoine, et de supprimer les niches fiscales et sociales dont l'utilité n'est plus avérée !
Si nous disons qu’il faut retrouver le chemin d’une saine gestion de nos finances publiques, ce n’est pas pour nous plier aux injonctions des agences de notation ou de la finance internationale : c’est pour nous-mêmes que nous le faisons, pour dégager des financements pour les investissements et les mesures d’avenir dans les secteurs prioritaires : l’école, la recherche, l’emploi, l’environnement… C’est-à-dire pour nous redonner les moyens d’être maîtres de notre destin. Plus que de rigueur budgétaire, il s’agit tout simplement de bon sens et de responsabilité !
Nous devons faire participer davantage les plus hauts revenus à l'effort, nous devons créer une nouvelle tranche marginale d’impôt sur le revenu à 45 % pour les revenus excédant 150000 euros annuels par part (450000 euros par an pour une famille avec deux enfants). Qui peut s’opposer à cette mesure ?
Cette crise économique et financière aura, à mon sens, révélé une chose essentielle, et qui va dans notre sens : la nécessité d’aller plus loin dans la construction européenne, c’est-à-dire de mettre en place des institutions européennes fortes, pour mettre en œuvre l’harmonisation fiscale, le fédéralisme économique, la convergence sociale, la protection de nos frontières européennes…
Nous souffrons de pas assez d’Europe. (ici, dans notre région, l’agriculture par rapport à l’Espagne)
"Nous avons le devoir de dépasser nos orgueils personnels, de mettre quelqu’un devant, qui va défendre nos idées et proposer une alternative au pays."
Nous devons prendre en compte le désarroi des ouvriers dont les usines ferment parce que la France est de moins en moins un pays de production, un pays d’industrie ; la lassitude des entrepreneurs confrontés à la sclérose des structures et à la lourdeur des charges ; l’écœurement des producteurs de fruits et légumes qui produisent à perte tandis que des mères de famille se désolent que dans leur supermarché ces fruits et légumes soient trop chers pour leur porte-monnaie ; le ras-le-bol des jeunes couples qui voudraient acheter un logement, mais à qui les banques refusent de prêter parce qu’ils n’ont pas le CDI qu’il faut, alors que ces mêmes banques engrangent des profits records ;
la difficulté de certains lycéens issus de milieux populaires qui, malgré leur bon carnet de notes, ne réussissent pas à intégrer des filières prestigieuses, parce qu’ils n’ont pas les codes et les réseaux qu’il faut ; la dépression des salariés usés par le stress, les technologies ou la course à la rentabilité et à l’efficacité ; la solitude des personnes âgées laissées à elles-mêmes ; le sentiment d’abandon de ceux qui vivent l’insécurité au quotidien…
Notre mission est là !
Pour finir, je voudrais vous dire quelque chose du plus profond de moi-même.
Aujourd’hui, le pays est dans une situation de crise, et nous avons la chance, nous centristes, d’appartenir à un courant d’idées fantastique, porteur d’humanisme, de solidarité, de conviction européenne. Mettons nos idées en avant, et nos egos en arrière. Je le dis à Hervé, à Jean-Louis, à Jean-Marie : nous avons le devoir de dépasser nos orgueils personnels, de mettre quelqu’un devant, qui va défendre nos idées et proposer une alternative au pays. Arrêtons les querelles d’ego, les chicayas, les déclarations intempestives, qui décrédibilisent la vie politique et éloignent les Français de nous.
Bref, sans fausse promesse, parlons autrement de la France et des Français, parlons autrement à la France et aux Français, avec respect, confiance et reconnaissance.
Seul le prononcé fait foi.
16:58 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : alliance, centre, europe, crise, presidentielle







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Écrit par : BegeTreaketex | 06/06/2012
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