12/11/2009

Budget de l'Enseignement Scolaire 2010

L’année 2009 a été, pour tous les Français, celle de la crise. C'est dans ces périodes de dépression économique et de perte de repères que l'école prend une importance particulière : parce qu'elle est le lieu de l'apprentissage du savoir et de la citoyenneté républicaine, mais aussi parce que, quoi qu'on en dise, le diplôme reste la clef d'accès à un emploi durable.

Le projet de loi de finances pour 2010 a fait le choix d'accorder près de 61 milliards d’euros à l'enseignement scolaire. L'augmentation de 1,6 % par rapport à l'année dernière est le signe de la priorité que le gouvernement accorde à l'école, aux enseignants et aux élèves.

Les députés Nouveau Centre vous apportent leur soutien, Monsieur le Ministre, pour mener à bien une politique scolaire ayant pour objectifs la réussite, l’efficacité et la justice sociale : pour diviser par trois le nombre d’élèves qui sont repérés en difficulté à l’issue de l’école primaire, pour diminuer le nombre de sorties sans diplôme du système scolaire, et enfin pour mieux préparer à l’enseignement supérieur.

Pour atteindre ces objectifs, l’école doit pouvoir disposer de tous les moyens nécessaires et que lui accorde, précisément, le budget prévu pour 2010. Mais elle doit aussi veiller à ne laisser perdre aucun de ces moyens, afin que chaque euro versé par les Français soit un euro utile pour l’avenir de leurs enfants.

L'une des priorités doit être la lutte contre la difficulté scolaire, qui doit mobiliser toutes les compétences de l’Éducation nationale, rassemblées autour des élèves, afin de lutter contre la dégradation des performances de notre système éducatif et la prévalence de l’origine sociale des élèves dans les statistiques d’échec scolaire.

Déjà, la  réforme de l’école primaire, avec le socle commun de connaissances et de compétences et le nouveau système d’évaluation, commence à porter ses fruits. Il y a aussi l’accompagnement éducatif des collégiens et plus généralement de tous les élèves rencontrant des difficultés, de l’école primaire au lycée.

L'année 2010 verra l'application de trois réformes importantes : la réforme du lycée,  la réforme de l’orientation et la revalorisation du métier d’enseignant.

En effet, il nous paraît important de mettre en place des mesures qui contribuent à l’amélioration des conditions d’exercice de ce métier exigeant. C’est en revalorisant les enseignants, premiers agents publics de l’égalité des chances, que l’Etat pourra assurer la réussite de tous les élèves. Car le véritable enjeu est bien la réussite des élèves, qui ne peut être assurée que par des enseignants ayant le sentiment que leur mission est pleinement reconnue par la Nation.

Sur la question des effectifs, malgré le non-renouvellement d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite, le souci d’ajuster les moyens aux besoins des élèves et à la démographie s’est traduit par la création de nombreux emplois, notamment dans les zones défavorisées, et par l’ouverture de 500 classes nouvelles à la rentrée 2009. Le taux d’encadrement des élèves est donc maintenu ; c'est une bonne chose.

J'en viens maintenant à la réforme des lycées, que j'appellerais plutôt la rénovation des lycées. Nous considérons qu'elle va dans le bon sens, parce que le lycée ne fonctionne pas si mal que cela. Nous approuvons ce que vous avez proposé en termes d'orientation, d'apprentissage des langues, de soutien aux élèves en difficulté ou d'approfondissement pour les autres

Un mot sur l'accueil des élèves handicapés, dont vous savez combien il me tient à coeur : des efforts notables ont été faits, avec un budget de 292 millions. Certes, il y a encore beaucoup à faire, mais depuis 4 ans, depuis la loi de 2005, l’école publique accueille 40 % d’élèves handicapés supplémentaires – 185 000 en cette rentrée, 200 unités pédagogiques et 5 000 postes d’AVS individuel ont été créés.

Sur la question des auxiliaires de vie et plus précisément sur les difficultés des fins de contrat d’un auxiliaire qui accompagne un enfant depuis plusieurs années, nous nous réjouissons de la convention qui a été signée en ce début d’année qui permet au monde associatif de reprendre ces contrats.

Mais je pense qu'il faut aller plus loin, c'est-à-dire vers une professionnalisation du métier d'accompagnant de la personne handicapée, pour instaurer une continuité dans l'accompagnement des enfants handicapés et permettre leur prise en charge globale.

Ce vrai métier d'accompagnant ne serait pas un métier spécifiquement scolaire ou social, et se déclinerait en un métier de tuteur en entreprise, pour faciliter l'insertion professionnelle des jeunes et des adultes en situation de handicap, mais aussi en un métier d'accompagnant dans les maisons de retraite, pour faciliter la vie des personnes handicapées vieillissantes.

Enfin, je veux redire qu’il est indispensable d'accompagner l’évolution des effectifs dans les établissements d’enseignement privé sous contrat, qui scolarisent plus de 2 millions d’élèves.

Ces établissements sont de plus en plus victimes de leur succès, et ne peuvent plus répondre à la demande croissante des parents. Le rapport de 80% contre 20% est aujourd’hui dépassé : eu égard à la mission de service public assumée par l’enseignement privé sous contrat, il faut revoir ce ratio, et je suis convaincu que cela peut être fait sans rallumer la guerre scolaire.

Pour toutes ces raisons, le groupe Nouveau Centre votera ce budget, parce que l'école porte un espoir, celui des millions de Français qui voient dans l’éducation de leurs enfants le meilleur investissement de la Nation. Elle porte aussi une ambition, celle de refaire de notre système scolaire la référence et le modèle qu’il n’aurait jamais dû cesser d’incarner pour l’Europe.

 

 

Commentaires

Je suis entièrement d'accord avec Yvan LACHAUD pour cette prise de position du Nouveau Centre, c'est une belle ambition et encore bravo de penser aux personnes handicapées qui doivent faire partie intégrante des élèves.

Écrit par : xavier Gautruche | 15/11/2009

Écrire un commentaire